Un audit réclamé sur les financements de la lutte antitabac

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La Ligue Sénégalaise Contre le Tabac (LISTAB), par la voix de son président Amadou Moustapha Gaye, tire la sonnette d’alarme : le Sénégal occupe la dernière place en Afrique dans la lutte contre le tabagisme. Dans une déclaration rendue publique le 1er juillet 2026, il dénonce l’inaction des autorités et l’échec de la loi antitabac votée le 14 mars 2014, restée lettre morte.

Selon lui, le pays est devenu un « fumoir à ciel ouvert », où la consommation de tabac se fait partout, y compris dans les lieux publics pourtant interdits par la loi. Il pointe du doigt l’absence de décret d’application, les exonérations fiscales accordées à l’industrie du tabac, ainsi que l’ingérence de cette dernière dans les politiques de santé publique.

La LISTAB critique également l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) pour son enquête GATS jugée « tronquée et complaisante », proclamant une baisse de 25 % de la consommation de tabac. Pour Amadou Moustapha Gaye, ces chiffres ne reflètent pas la réalité d’un marché saturé par les produits dérivés comme la chicha, les cigarettes électroniques et les sachets de nicotine, accessibles même aux mineurs.

Il appelle à un audit des financements destinés à la lutte antitabac, à une meilleure transparence dans la gestion des fonds, et à une responsabilisation accrue du ministère de la Santé. La LISTAB interpelle également l’OMS et le Secrétariat de la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT) afin qu’ils mènent des investigations sur la situation au Sénégal.

L’organisation estime que l’inaction des autorités n’est plus une simple négligence, mais une complicité face à un fléau qui touche de plus en plus de jeunes.

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