Le piège de l’isolement…Pastef face au risque d’enclavement électoral

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Entre démissions de cadres en direction de la sphère présidentielle, tensions avec ses anciens alliés et difficultés à s’adapter au statut de parti au pouvoir, PASTEF (Parti des Patriotes Africains du Sénégal pour le Travail, l’Ethique et la Fraternité) traverse une zone de turbulences. À l’approche des prochaines échéances électorales, la formation fait face au risque d’un isolement inédit, prise au piège de ses propres contradictions face à l’exercice du pouvoir.

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Pastef

Au cœur de ces mouvements de fond, le parti PASTEF (Patriotes africains du Sénégal pour l’éthique, le travail et la fraternité) fait face à des signes tangibles d’isolement et de tensions internes. Alors que la formation s’était imposée comme un moteur de contestation puis d’alternance, sa dynamique actuelle suscite des interrogations quant à son positionnement stratégique et à sa capacité à maintenir une coalition large autour de son action.

Ces derniers mois ont été marqués par une série de démissions d’anciens cadres, de responsables locaux et de militants de la première heure au sein de PASTEF. Ces départs formels, souvent motivés par des désaccords sur la gouvernance interne, la conduite de la ligne du parti ou la gestion de l’appareil d’État, traduisent une friture sur la ligne idéologique entre la direction partisane et une partie de sa base.

Loin d’alimenter les rangs de l’opposition traditionnelle issues de l’ancien régime, la majorité de ces figures démissionnaires effectuent un choix significatif : elles se tournent vers l’orbite institutionnelle du président Bassirou Diomaye Faye. Ce glissement vers le chef de l’État ou vers les perspectives d’une nouvelle structure politique d’appui présidentiel illustre la volonté de privilégier la stabilité institutionnelle et la continuité de l’action publique sur la logique strictly partisane de PASTEF.

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La coalition Diomaye président

Pour comprendre cette recomposition, il convient de rappeler les faits électoraux avec rigueur. La victoire du 24 mars 2024, qui a porté Bassirou Diomaye Faye à la présidence de la République dès le premier tour avec 54,28 % des suffrages exprimés, est le fruit d’une équation politique complexe. Si PASTEF en constituait le socle militant et symbolique, ce score de 54,28 % dépassait largement le seul périmètre électoral du parti à lui seul.

Ce plébiscite au premier tour n’aurait pas été envisageable sans le ralliement décisif de plusieurs mouvements alliés, de personnalités indépendantes et de partis politiques majeurs. Le soutien stratégique accordé par des formations de premier plan comme le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) et d’autres coalitions de l’opposition d’alors a permis de créer l’élan national nécessaire pour franchir la barre de la majorité absolue dès le premier tour.

En tendant vers une forme de repli identitaire ou en revendiquant une paternité exclusive sur le « Projet », PASTEF prend le risque de fragiliser ces alliances fondatrices. L’affaiblissement de ce dialogue partenarial crée une distance progressive avec ses anciens alliés, laissant le parti plus isolé au moment même où la construction de majorités stables nécessite ouverture et pragmatisme électoral.

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Il apparaît désormais illusoire pour PASTEF de chercher à réutiliser les réflexes qui faisaient sa force dans l’opposition d’hier. Détenir les rênes de l’exécutif impose un devoir de responsabilité, de réserve et de construction. Un retour au discours d’opposition radicale tout en exerçant ou en accompagnant le pouvoir crée un décalage perturbant pour l’opinion publique et le corps électoral.

Dans la configuration politique actuelle, adopter un ton contestataire face à sa propre gouvernance ou face aux choix de la Présidence place PASTEF dans la posture paradoxale d’un opposant dans l’opposition sous le régime de Bassirou Diomaye Faye. Cette dualité risque de fragiliser la lisibilité de l’action gouvernementale et de priver le parti d’une assise électorale élargie lors des prochains scrutins.

À l’approche des prochaines consultations électorales, le principal défi de PASTEF réside dans sa capacité à réinventer son ancrage politique. Pour éviter un enclavement dommageable, la formation devra concilier sa fidélité à ses engagements fondamentaux avec une culture du rassemblement, du compromis républicain et de la solidarité institutionnelle.

La rédaction de Xibaaru

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