Népal : Le bilan de la catastrophe s’alourdit à 626 morts et 2 400 disparus
Les autorités népalaises ont recensé ce samedi 626 morts et 2 400 personnes portées disparues après la catastrophe qui a frappé plusieurs zones du pays. Plus de 4 400 rescapés ont été retrouvés et une centaine de blessés sont actuellement hospitalisés. Face à l’ampleur des recherches, le gouvernement a finalement accepté l’aide de la communauté internationale.
Le bilan humain de la catastrophe continue de s’alourdir au Népal. Selon les autorités, 626 personnes ont perdu la vie et 2 400 autres sont toujours portées disparues. Les opérations de secours ont néanmoins permis de retrouver plus de 4 400 rescapés, tandis qu’une centaine de blessés sont pris en charge dans les établissements hospitaliers.
Pour accélérer les recherches et renforcer les capacités des secours, le gouvernement népalais a finalement donné son accord à l’intervention de la communauté internationale. D’après le quotidien népalais Kathmandu Post, cette décision intervient après un premier refus formulé vendredi, avant un changement de position quelques heures plus tard.
Dans les établissements hospitaliers, l’afflux de victimes semble diminuer, mais cette évolution ne signifie pas nécessairement que le bilan humain va se stabiliser.
À l’hôpital universitaire, une médecin citée dans le reportage explique que son service avait accueilli 25 victimes le premier jour, contre une seule ce samedi. Selon elle, de nombreuses personnes décédées pourraient encore être prisonnières de la boue, tandis que les difficultés de circulation empêchent les ambulances d’accéder facilement aux secteurs sinistrés.
Le syndicat des chauffeurs népalais, mobilisé dans les opérations de secours, confirme ces difficultés et précise que les blessés ainsi que les personnes âgées sont prioritaires pour les évacuations.
Dans les morgues, la situation est également devenue particulièrement difficile. Faute de place pour afficher les photographies des corps, celles-ci ont été installées sur des rideaux métalliques et une grille du quartier. Les familles doivent ensuite tenter d’identifier leurs proches parmi des corps parfois méconnaissables ou en décomposition.
Dans la région de Bidur, la base militaire est devenue un point essentiel pour les populations touchées. De nombreux villageois attendent devant ses portes dans l’espoir d’être évacués par hélicoptère.
Les militaires donnent toutefois la priorité aux personnes héliportées depuis les zones sinistrées et aux populations les plus vulnérables. « On attend tous qu’un hélico nous emmène. On veut rentrer au village. Ça fait trois jours qu’on patiente », témoigne un homme.
L’armée assure que les personnes en attente seront évacuées à leur tour, mais ses appareils restent mobilisés auprès des sinistrés encore bloqués dans leurs villages.
Januka, de son côté, vient de retrouver son fils âgé de deux ans. L’enfant était resté dans une garderie située de l’autre côté d’une rivière après que le pont reliant les deux zones a été emporté par les eaux. À proximité de la base militaire, des listes regroupant les noms des personnes évacuées par hélicoptère ont été affichées sur un mur. Des familles les consultent dans l’espoir d’obtenir des nouvelles de leurs proches.
Lal Maya attend notamment le retour de ses trois petits-enfants, réfugiés chez un voisin. La maison dans laquelle ils se trouvent a résisté à la crue, mais l’inquiétude demeure. « Mais si une autre crue arrive, je ne sais pas si elle tiendra », s’inquiète-t-elle.
Face au manque de moyens aériens, les autorités commencent parallèlement à rouvrir certains axes. Dans le village de Dhunche, situé à une vingtaine de kilomètres au nord de Bidur, des habitants ont pu commencer à repartir à pied avant de poursuivre leur évacuation par la route, selon la presse népalaise.
Les secours continuent de découvrir des corps à une centaine de kilomètres en aval des zones les plus touchées par l’avalanche de boue qui a déferlé le long des rivières Bhotekoshi et Trishuli.
Le ministre des Affaires étrangères, Shisir Khanal, estime que l’aide internationale pourrait être particulièrement utile pour l’identification des victimes. Les autorités ont notamment besoin de tests ADN et de technologies spécialisées.
Les hôpitaux sont saturés et des morgues provisoires sont installées dans des bâtiments désaffectés à l’ouest de Katmandou. La conservation des corps pendant plusieurs semaines nécessite notamment des équipements de climatisation puissants et des sacs mortuaires adaptés.
La situation reste également préoccupante dans le secteur des infrastructures hydroélectriques. Des travailleurs sont toujours bloqués dans des tunnels et des centrales souterraines enfouis sous la boue.
L’Association des producteurs d’électricité indépendants du Népal (IPPAN) estime à plus de 900 le nombre de personnes portées disparues dans ce secteur. Les secours ne disposent pas actuellement des moyens nécessaires pour les atteindre.
Le gouvernement assure avoir sollicité une expertise technique internationale. L’armée prévoit de concentrer ses opérations sur une vingtaine de tunnels.
Après avoir dans un premier temps refusé le déploiement de secouristes étrangers, notamment alors que de nombreux touristes internationaux étaient portés disparus, Katmandou a finalement autorisé la Chine et l’Inde à envoyer des équipes spécialisées.