Le Président Diomaye, tel qu’on aimerait le voir tous les jours (Par Souleymane Gadiaga)
Il est des moments où la politique doit savoir s’effacer devant la République. La séquence diplomatique que le Sénégal vit actuellement à New York en offre une illustration particulière.
Le Sénégal a officiellement apporté son soutien à la candidature de l’ancien Président Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies. Le Président Bassirou Diomaye Faye a demandé au Gouvernement et au réseau diplomatique sénégalais de mobiliser leurs efforts pour promouvoir cette candidature.
À New York, le Chef de l’État poursuit cette démarche auprès de ses homologues et de différents responsables internationaux. Il a également réaffirmé que la candidature de Macky Sall conservait ses chances et que le Sénégal poursuivait son travail diplomatique.
Cette attitude mérite d’être relevée, parce qu’elle rappelle une vérité essentielle : la République ne doit pas être prisonnière des clivages politiques.
Bassirou Diomaye Faye et Macky Sall appartiennent à deux camps qui se sont profondément opposés. Pourtant, le Président de la République accepte aujourd’hui de défendre, au nom du Sénégal, la candidature de son prédécesseur.
C’est aussi cela, la République : savoir distinguer les divergences politiques de ce qui relève de l’intérêt national et de la continuité de l’État.
Une alternance ne signifie pas nécessairement une rupture avec tout ce qui précède. Elle doit aussi permettre de préserver les intérêts permanents du pays, quelles que soient les majorités au pouvoir.
C’est précisément cette dimension du Président Diomaye que nous aimerions voir davantage : un Président capable de se placer au-dessus des contingences partisanes lorsqu’il s’agit de défendre le Sénégal ; un Président qui rassemble, qui dialogue et qui porte la voix de notre pays avec hauteur et responsabilité.
Sa mission à New York dépasse d’ailleurs la seule candidature de Macky Sall. Elle s’inscrit dans un contexte international marqué par de grands enjeux : paix et sécurité, coopération, développement, gouvernance mondiale et place de l’Afrique dans les institutions internationales.
Cette responsabilité est d’autant plus importante que le Sénégal porte également une parole africaine, notamment dans le cadre de ses responsabilités régionales.
Dans un monde marqué par de profondes tensions, l’Afrique a besoin de dirigeants capables de défendre ses intérêts avec fermeté, mais également avec intelligence diplomatique, sens du dialogue et respect des institutions.
Le Président Faye dispose ainsi d’une occasion importante de consolider l’image d’un Sénégal attaché à ses institutions, à sa tradition diplomatique et à son rôle dans la construction d’une Afrique davantage entendue et davantage représentée sur la scène internationale.
On peut être favorable ou défavorable à la candidature de Macky Sall. Chacun est libre de son appréciation. Mais dès lors que l’État du Sénégal a officiellement choisi de la soutenir, sa défense par le Chef de l’État relève de la diplomatie nationale et non d’un positionnement partisan.
La politique est faite de confrontations, de débats et d’alternances. La République, elle, doit demeurer.
C’est pourquoi cette posture mérite d’être encouragée. Elle rappelle que le Président de la République est le Président de tous les Sénégalais et que certaines responsabilités exigent de dépasser les querelles du moment pour regarder vers l’intérêt supérieur du pays.
Le Président Diomaye que nous aimerions voir tous les jours est celui qui rassemble, qui dialogue, qui représente dignement le Sénégal et qui sait, lorsque l’intérêt national le commande, placer la République au-dessus de la politique.
C’est cette hauteur de vue que les citoyens sont en droit d’attendre de toute institution républicaine : la capacité à défendre le pays sans confondre l’intérêt national avec les intérêts partisans.
Lorsque le Chef de l’État prend cette hauteur, c’est l’image du Sénégal, la crédibilité de sa diplomatie et la confiance dans ses institutions qui peuvent s’en trouver renforcées.
La République appartient à tous. Le Sénégal aussi.
SOULEYMANE GADIAGA
Ancien membre du Cabinet du ministère du Suivi du PSE
Ancien conseiller spécial du Président du CESE
Ancien membre du CESE
Coordonnateur du Mouvement des Arabophones du Sénégal (MAS)