Bokhol : L’aquaculture sénégalaise franchit un nouveau cap
L’inauguration, le 13 août dernier à Bokhol, dans le département de Dagana, d’une usine de fabrication d’aliments pour poissons a marqué une nouvelle étape dans le développement de l’aquaculture au Sénégal. La cérémonie, présidée par la ministre de la Pêche et de l’Économie maritime, Amy Mara Dièye, a également servi de cadre au lancement officiel du programme Aquajef 360, destiné à accompagner les jeunes et les femmes dans les filières aquacoles.
À Bokhol, dans la vallée du fleuve Sénégal, l’aquaculture sénégalaise entend changer d’échelle. Le 13 août dernier, l’inauguration d’une usine de fabrication d’aliments pour poissons exploitée par Atlantic Mariculture, en partenariat avec l’Agence nationale de l’aquaculture (ANA) et la Commune de Bokhol, a marqué une étape importante pour la filière.
Présidée par la ministre de la Pêche et de l’Économie maritime, Amy Mara Dièye, la cérémonie a également été l’occasion de lancer officiellement Aquajef 360, un programme destiné à accompagner les jeunes et les femmes dans les différentes filières aquacoles.
L’infrastructure inaugurée à Bokhol vise à répondre à l’un des principaux défis auxquels sont confrontés les acteurs de l’aquaculture : l’accès aux aliments pour poissons. Jusqu’ici largement dépendant des importations, le secteur dispose désormais d’une unité permettant de produire localement cet intrant essentiel. Une évolution qui doit contribuer à une meilleure maîtrise des coûts pour les exploitants et au renforcement d’une chaîne de valeur nationale.
Pour la ministre Amy Mara Dièye, l’usine constitue ainsi « une nouvelle brique » dans la construction de la souveraineté alimentaire du Sénégal. « Cette usine est bien plus qu’un investissement industriel », a-t-elle souligné, mettant en avant son potentiel pour renforcer la maîtrise de la chaîne de valeur aquacole. À travers cette infrastructure, l’ambition affichée est de produire davantage localement, de favoriser la transformation de la production nationale et de créer davantage de valeur et d’emplois.
Le lancement d’Aquajef 360 constitue l’autre temps fort de la cérémonie. Le programme ambitionne d’accompagner une nouvelle génération d’entrepreneurs dans les filières aquacoles, aussi bien en eau douce qu’en milieu marin. Les jeunes et les femmes sont particulièrement ciblés par cette initiative, avec l’objectif de leur permettre d’entreprendre, d’investir et de développer des activités génératrices de revenus dans un secteur présenté comme porteur d’opportunités.
Cette orientation s’inscrit dans une stratégie articulée autour de trois priorités : renforcer la souveraineté alimentaire, créer des emplois et des opportunités pour les jeunes et les femmes, et développer une économie davantage fondée sur la production nationale.
Le choix de Bokhol n’est pas anodin. Pour la ministre, la vallée du fleuve Sénégal dispose de nombreux atouts pour devenir l’un des principaux pôles aquacoles du pays. La disponibilité de l’eau et les potentialités agricoles de la zone offrent, selon elle, des conditions favorables à l’émergence d’une filière intégrée, capable de générer des emplois et des revenus pour les populations locales. Le partenariat entre l’État, l’Agence nationale de l’aquaculture et Atlantic Mariculture illustre également la volonté de renforcer les synergies entre acteurs publics et investisseurs privés.
Derrière la cérémonie officielle se trouve également un important travail d’organisation. Pour Yaye Fatou Sarr, directrice d’AILES, la préparation de cet événement a représenté un véritable défi logistique et protocolaire. Organiser une cérémonie d’une telle ampleur à Bokhol, loin de Dakar et dans des délais serrés, a nécessité plusieurs journées de préparation et une forte mobilisation des équipes.
« Organiser une cérémonie de cette envergure, loin de Dakar, dans des délais serrés et avec une exigence protocolaire élevée, cela ne s’improvise pas », témoigne-t-elle sur ses plateformes, évoquant des journées « intenses, pleines de pression… mais surtout riches en enseignements ».
L’équipe d’AILES dit avoir notamment apprécié la confiance accordée par Atlantic Mariculture. Yaye Fatou Sarr adresse ainsi un clin d’œil à M. Said et Mme Diagne « pour la confiance et l’exigence ». La réussite de la cérémonie est également attribuée à la mobilisation de plusieurs acteurs locaux et partenaires. La Commune de Bokhol est saluée pour son accueil et sa disponibilité, tandis que l’ANA a accompagné le projet en tant que partenaire.
Les équipes d’Ailes, ainsi que les prestataires venus de Dagana, Richard Toll et Saint-Louis, ont également participé à la mise en œuvre de l’événement. Au terme de la journée, Yaye Fatou Sarr retient « une cérémonie réussie, une organisation appréciée et des sourires à la fin de la journée ». Une expérience qui lui inspire une réflexion sur le métier de l’événementiel : « La pression ne disparaît jamais totalement. On apprend simplement à la transformer en méthode, en anticipation et en confiance d’équipe. »
La cérémonie de Bokhol intervient alors que le Sénégal prépare également le Salon international de l’aquaculture (SIAC) Dakar 2026, annoncé du 6 au 8 octobre à Dakar. L’événement doit réunir les différents acteurs de la filière et permettre au Sénégal de mettre en avant ses initiatives et son savoir-faire dans le domaine.
Avec l’inauguration de l’usine de Bokhol, le lancement d’Aquajef 360 et la perspective du SIAC Dakar 2026, les autorités veulent donner une nouvelle impulsion à l’aquaculture et en faire un levier de souveraineté alimentaire, d’emploi et de développement économique.