Fonds politiques : Birame Waltako Ndiaye charge Pastef et exige des comptes

Birame Waltako Ndiaye, auteur du texte
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La controverse autour de la proposition de loi portant encadrement des fonds politiques et des « caisses noires » prend une nouvelle tournure. Dans une tribune critique, Birame Waltako Ndiaye accuse Pastef d’instrumentaliser la question à des fins politiques et appelle les responsables du pouvoir à davantage de transparence sur l’utilisation des ressources publiques.

La proposition de loi consacrée aux fonds politiques continue de susciter de vives réactions dans la classe politique sénégalaise. Dans une tribune intitulée « La manipulation, credo de l’idéologie Pastef », Birame Waltako Ndiaye livre une charge sévère contre le parti au pouvoir et remet en cause les motivations de ses initiateurs.

Selon lui, la réforme est présentée de manière trompeuse comme une simple mesure de bonne gouvernance. « Sans sourciller, Pastef et sa machine d’endoctrinement veulent faire croire que la proposition de loi sur les fonds politiques et caisses noires vise innocemment la bonne gestion des deniers publics », écrit-il.

L’auteur estime, au contraire, que cette démarche viserait principalement le président de la République. « Il n’est question que d’importuner le président, devenu désormais l’ennemi à abattre », affirme-t-il. Birame Waltako Ndiaye va plus loin en assimilant la méthode de communication qu’il attribue à Pastef à l’« agit-prop », contraction d’« agitation » et de « propagande ».

Il réclame notamment des explications sur l’utilisation des fonds politiques par les responsables actuels du pouvoir. « Nous attendons encore qu’il s’explique sur ses déclarations changeantes à propos de ses propres fonds politiques », soutient-il à propos d’Ousmane Sonko. L’auteur interpelle également le président de l’Assemblée nationale : « Que Sonko et Malick Ndiaye nous expliquent comment ils ont dépensé leurs propres fonds dédiés, les deux dernières années, aiderait beaucoup à y voir plus clair. »

Pour Birame Waltako Ndiaye, le calendrier de la réforme soulève également des interrogations. Il estime que l’initiative intervient tardivement, alors que le nouveau pouvoir est en place depuis deux ans. « Après 2 ans au pouvoir, décision est brusquement prise d’appliquer le programme », relève-t-il. Et d’ajouter : « Curieusement, ça coïncide avec le début des embrouilles avec le président Diomaye. »

L’auteur conteste ainsi l’argument selon lequel la réforme serait uniquement motivée par la volonté de respecter des engagements politiques. « C’est insulter notre intelligence que de faire croire à un respect de promesse », lance-t-il. Pour appuyer son propos, il cite Honoré de Balzac : « La loi de l’intérêt général est détruite par la loi de l’intérêt particulier qui engendre l’égoïsme. »

Malgré la virulence de ses critiques, Birame Waltako Ndiaye reconnaît que le principe d’un encadrement des fonds spéciaux peut être défendu. « En soi, apporter un encadrement adéquat aux fonds spéciaux est tout à fait compréhensible », concède-t-il. Pour lui, le problème se situe davantage dans l’utilisation politique qui serait faite de cette question. « La question porte davantage sur l’instrumentalisation », affirme-t-il, avant de mettre directement en cause l’attitude d’Ousmane Sonko et les hésitations qu’il lui attribue.

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