JOJ Dakar 2026 : Boubacar Sèye appelle à « nettoyer Dakar sans chasser l’étranger »

Boubacar Séye, Président d’Horizon Sans Frontières
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À l’approche des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, le président d’Horizon Sans Frontières, Boubacar Sèye, appelle les autorités à concilier les impératifs de sécurité et de salubrité avec le respect des droits des étrangers. Il met notamment en garde contre toute confusion entre immigration irrégulière, délinquance et nationalité.

À l’approche des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, les opérations de déguerpissement et de sécurisation engagées dans la capitale suscitent l’attention d’Horizon Sans Frontières. Pour son président, Boubacar Sèye, les autorités sénégalaises disposent pleinement du droit de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité, la salubrité, la circulation et le bon déroulement de cet événement international. Mais ces opérations, estime-t-il, doivent être menées dans le respect de la dignité des personnes et sans créer de stigmatisation fondée sur la nationalité.

Horizon Sans Frontières établit une distinction entre la lutte contre l’occupation irrégulière de l’espace public et le ciblage d’une communauté étrangère. Selon Boubacar Sèye, lorsqu’une personne, quelle que soit sa nationalité, occupe illégalement l’espace public, exerce une activité sans autorisation ou commet une infraction, les autorités doivent intervenir. Mais cette intervention doit reposer sur « des faits précis, des procédures régulières et les mêmes règles pour tous », et non sur l’origine ou la nationalité de l’intéressé.

Le président d’Horizon Sans Frontières insiste particulièrement sur cette distinction. « Un étranger en situation irrégulière n’est pas nécessairement un délinquant », souligne-t-il, rappelant que la situation administrative d’une personne et la commission éventuelle d’une infraction constituent deux questions différentes.

Pour les personnes en situation irrégulière, l’État dispose de procédures administratives et judiciaires permettant de traiter leur situation. Ces démarches doivent toutefois, selon l’organisation, rester individuelles, transparentes et respectueuses des droits fondamentaux.

Boubacar Sèye attire également l’attention sur la situation des étrangers ayant quitté leur pays en raison de conflits, de persécutions ou de menaces graves. Il rappelle que les étrangers présents au Sénégal peuvent avoir des profils et des situations très différents : travailleurs, commerçants, étudiants, membres de familles installées depuis plusieurs années, mais également personnes contraintes à l’exil.

Dans le contexte sécuritaire du Sahel, cette dimension revêt, selon lui, une importance particulière. Certaines populations déplacées sont originaires de pays confrontés à des conflits et à une insécurité persistante. Horizon Sans Frontières rappelle ainsi les obligations du Sénégal en matière de protection internationale des réfugiés, notamment le principe de non-refoulement, qui interdit de renvoyer une personne vers un territoire où sa vie ou sa liberté seraient menacées.

L’organisation appelle également les autorités à la vigilance face aux discours qui pourraient alimenter le rejet des étrangers. Boubacar Sèye met en garde contre « certains prétendus nationalistes et identitaires sans véritables projet, ni idéologie », qui, selon lui, cherchent à faire du rejet de l’autre une réponse aux difficultés de la société.

Dans ce contexte, il estime que les opérations de contrôle ou d’interpellation visant des ressortissants étrangers doivent faire l’objet d’une attention particulière. Avant de considérer une personne uniquement comme un migrant irrégulier, il appelle à vérifier si celle-ci pourrait être une personne ayant besoin d’une protection internationale.

Pour Horizon Sans Frontières, la préparation des JOJ constitue donc un enjeu sécuritaire, mais aussi une occasion de préserver les valeurs d’accueil traditionnellement associées au Sénégal. « Le Sénégal est une terre d’accueil », rappelle Boubacar Sèye, qui évoque la « téranga » comme une tradition d’accueil, d’hospitalité et de respect de l’étranger.

À ses yeux, le défi consiste désormais à permettre à Dakar de se préparer aux Jeux olympiques de la jeunesse dans les meilleures conditions, sans que les opérations de sécurisation ne se transforment en stigmatisation des étrangers.

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