Thierno Alassane Sall et Abdou Mbow…la double épine dans le pied de Sonko à l’AN

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Au sein de l’Hémicycle de la Place Soweto, les séances plénières se muent désormais en affrontements ouverts et réguliers entre le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, et deux figures de proue du bloc parlementaire adverse : Abdou Mbow et Thierno Alassane Sall. Par leur parfaite maîtrise des rouages politiques et des règles de procédure de l’autre, ces deux élus chevronnés se sont érigés en véritable cauchemar stratégique pour le groupe majoritaire PASTEF. Leur action coordonnée, alternant attaques ad hominem et batailles juridiques, parvient à paralyser la conduite des travaux législatifs tout en maintenant un climat de tension permanente sous la coupole de l’institution.

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Abdou Mbow (G) et Ousmane Sonko (D)

Ancien cadre de la majorité sous la précédente législature et fin connaisseur des rouages parlementaires, Abdou Mbow privilégie une ligne d’offensive directe et sans concession. Lors des récentes sessions consacrées à l’examen de textes majeurs, le député s’est illustré en formulant des accusations particulièrement virulentes sur la gestion des deniers publics, évoquant notamment des soupçons de détournements de fonds initialement destinés au processus de paix en Casamance. Cette rhétorique agressive vise explicitement à écorner la posture d’exemplarité revendiquée par le nouveau pouvoir.

En exploitant la tribune publique pour dénoncer une prétendue dérive autoritaire de l’exécutif, Abdou Mbow force Ousmane Sonko à sortir de sa réserve et à intervenir brutalement pour assurer la police des débats. Face à ces piques répétées qui dépassent régulièrement le cadre de l’ordre du jour, le président de séance se voit contraint de hausser le ton et de multiplier les rappels à l’ordre. Cette confrontation directe génère ainsi des vagues d’explications de texte orageuses et ravive le risque d’incidents majeurs au cœur de l’Hémicycle.

Pendant qu’Abdou Mbow pilonne la majorité sur le terrain politique, Thierno Alassane Sall déploie pour sa part une stratégie d’usure d’une redoutable efficacité, fondée sur une exploitation rigoureuse du droit parlementaire. Ancien ministre chevronné et rompu à la technicité des procédures institutionnelles, l’élu conteste avec méthode chaque interprétation du règlement intérieur faite par la présidence. Son érudition juridique lui permet d’identifier les failles procédurales pour freiner méthodiquement l’avancée des projets de loi.

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Ousmane Sonko de Pastef (à gauche) et Thierno Alassane Sall de Rewumngoor (à droite)

En s’appuyant activement sur des dispositions réglementaires clés, notamment l’article 77 de la charte de l’Assemblée nationale, Thierno Alassane Sall érige la défense du temps de parole des députés en combat pour la démocratie. Il s’oppose fermement à ce qu’il qualifie de censure de l’opposition et remet en cause la légitimité du président de séance à interrompre arbitrairement les orateurs. Par cette contestation systématique des règles du jeu, il contraint régulièrement la présidence à suspendre le cours normal des travaux pour engager un débat juridique complexe.

Face à ce duo hautement perturbateur, Ousmane Sonko et la majorité PASTEF ont fait le choix d’une fermeté absolue pour réaffirmer l’autorité de l’institution. Citant avec précision les articles 64, 72 et 77 du règlement intérieur pour justifier l’usage de la contrainte réglementaire, le président de l’Assemblée nationale s’efforce de maintenir la discipline. Il s’emploie à dépeindre les interventions de ses adversaires comme des manœuvres théâtrales et irresponsables, visant uniquement la recherche de visibilité médiatique sur les réseaux sociaux.

Cette confrontation permanente met en lumière la fracture profonde entre l’exécutif et une opposition parlementaire qui refuse de se laisser marginaliser. Les passes d’armes répétées entre le fauteuil présidentiel et les bancs des contestataires ralentissent le calendrier des réformes et polarisent chaque débat, indépendamment du sujet initialement inscrit à l’ordre du jour. L’Assemblée nationale devient alors le théâtre d’une guerre de positions où chaque mot est scruté et chaque point de règlement transformé en arme politique.

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Sonko, le nouveau PAN

Malgré la ligne d’intransigeance affichée par la présidence et la menace constante de sanctions disciplinaires, l’action combinée d’Abdou Mbow et de Thierno Alassane Sall continue d’entraver le rythme parlementaire. Leur capacité à alterner entre le registre de la dénonciation politique et celui de la chicane juridique perturbe la sérénité des délibérations. En réussissant à monopoliser l’attention et à imposer leur tempo, ils contraignent la majorité à consacrer une part importante de son énergie à la riposte.

En s’imposant comme les contradicteurs les plus virulents d’Ousmane Sonko, Abdou Mbow et Thierno Alassane Sall sont devenus les indiscutables bêtes noires du camp présidentiel. Leur alliance de fait, combinant l’agressivité tribunitienne de l’un et l’expertise procédurale de l’autre, transforme chaque séance plénière en une épreuve de force institutionnelle. Cette dynamique de blocage mutuel promet de marquer durablement la trajectoire de la législature, faisant du Palais Soweto une arène d’affrontement permanent.

 

La rédaction de Xibaaru

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