Noo Lank met en garde contre une révision constitutionnelle sans consensus
Le Collectif Noo Lank exprime sa vive inquiétude face aux débats en cours autour de la proposition de révision constitutionnelle portée par le groupe parlementaire Pastef. Dans un communiqué, le mouvement souligne que ce n’est pas seulement le contenu des modifications envisagées qui interpelle, mais surtout la démarche adoptée et le climat politique dans lequel cette initiative intervient.
Pour Noo Lank, la Constitution, socle du pacte républicain, ne peut être réduite à un simple exercice de majorité parlementaire. Elle appartient à l’ensemble des Sénégalais et doit être révisée dans un esprit de consensus national. Le collectif dénonce ainsi une logique de rapport de force privilégiée par la majorité parlementaire, estimant qu’elle ne dispose pas seule de la légitimité politique et morale pour redessiner les équilibres institutionnels de la République.
Le mouvement s’interroge également sur le silence du Président de la République, garant de la Constitution et de l’unité nationale. Son absence de prise de position sur une question jugée fondamentale nourrit, selon Noo Lank, les inquiétudes et fragilise la confiance des citoyens dans la conduite des affaires publiques.
Le collectif observe par ailleurs avec préoccupation les tensions politiques au sommet de l’État, qui donnent l’impression que les institutions sont instrumentalisées dans des rivalités de pouvoir. « Ce qui devait être un tandem au service du changement évolue progressivement d’un duo vers un duel », avertit Noo Lank, mettant en garde contre toute dérive qui ferait de la République l’otage de querelles partisanes.
En conclusion, le mouvement exige qu’aucune révision substantielle de la Constitution ne soit engagée sans un consensus national inclusif, associant forces politiques, acteurs sociaux, universitaires et toutes les composantes de la Nation. « La République est au-dessus des partis. La Constitution est au-dessus des majorités », rappelle le collectif, insistant sur la nécessité d’institutions fortes et respectées pour garantir la stabilité démocratique du Sénégal.