KIRAAY et la transhumance : Cheikh Sidiya Diop alerte sur les limites d’une stratégie politique

Cheikh Sidiya Diop, secrétaire général de la Ligue des Masses
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Dans une contribution présentée comme le point de vue d’un « allié libre et constructif », Cheikh Sidiya Diop, secrétaire général de la Ligue des Masses, porte un regard critique sur la stratégie de massification de KIRAAY. Il estime que le recours à la transhumance ne saurait, à lui seul, garantir l’élargissement, l’ancrage populaire ou la réussite électorale d’une formation politique.

« Disons-nous la vérité ! » C’est par cette interpellation que Cheikh Sidiya Diop introduit son analyse de la dynamique actuelle de KIRAAY.

Selon lui, la formation politique aurait fait le choix de s’appuyer sur la transhumance pour renforcer ses rangs, élargir son implantation et consolider son ancrage politique. Une stratégie qu’il juge particulièrement marquée dans le contexte sénégalais et africain.

Pour le secrétaire général de la Ligue des Masses, cette démarche comporte toutefois des limites. « Un parti ne se massifie pas par la transhumance. Un parti ne s’élargit pas par la transhumance. Un parti ne s’ancre pas par la transhumance », affirme-t-il.

Cheikh Sidiya Diop estime que KIRAAY pourrait être confronté à des difficultés lors des prochaines échéances électorales prévues en 2027.

Il avance plusieurs raisons pour expliquer cette appréciation, citant notamment la promotion de la transhumance sous différentes formes, mais également ce qu’il considère comme un manque de respect et de considération envers certains alliés disposant d’une longue expérience politique.

Il évoque également « l’absence de tolérance », qui, selon lui, évoluerait vers une restriction de la pensée et du débat contradictoire au sein de la formation.

Le responsable politique reproche par ailleurs à KIRAAY d’orienter une grande partie de sa critique politique autour de Pastef et d’Ousmane Sonko.

À ses yeux, cette orientation se fait au détriment des préoccupations quotidiennes des populations. « Pendant ce temps, le Sénégal va mal, très mal », affirme-t-il, estimant que les citoyens attendent principalement des réponses concrètes à leurs difficultés, notamment sur les plans économique et social, ainsi qu’une vision pour l’avenir du pays.

Pour Cheikh Sidiya Diop, la construction d’une formation politique ne peut reposer essentiellement sur l’arrivée de responsables issus d’autres horizons politiques.

La politique doit, selon lui, s’appuyer sur des convictions, des valeurs, un projet de société et une capacité à mobiliser durablement les citoyens.

Il reconnaît que la transhumance peut permettre à une formation de renforcer rapidement ses effectifs, mais estime qu’elle ne constitue pas une garantie d’enracinement populaire ou de succès électoral.

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