Aliou Ndao Fall plaide pour le rétablissement du Sénat au Sénégal

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Dans une tribune, Aliou Ndao Fall, membre du SEN/APR, estime que le retour du Sénat devrait figurer parmi les questions soumises au prochain référendum. Selon lui, une seconde chambre permettrait de mieux représenter les territoires, les collectivités et les différentes catégories socioprofessionnelles, tout en limitant les excès d’une Assemblée nationale unique.

Le débat sur l’organisation des institutions sénégalaises se poursuit. Dans une contribution consacrée à la crise institutionnelle actuelle, Aliou Ndao Fall, membre du SEN/APR, défend le rétablissement de la chambre haute du Parlement, supprimée en 2012. Pour lui, le retour du Sénat devrait constituer « un point du prochain Référendum ». Il estime que l’actuelle configuration institutionnelle, fondée sur une seule chambre parlementaire, favoriserait un déséquilibre des pouvoirs et contribuerait aux tensions observées au sommet de l’État.

Aliou Ndao Fall considère que la crise actuelle est notamment liée à « un excès de pouvoir d’une assemblée unique dans un pays démocratique ». Il évoque les différents épisodes de tensions ayant marqué les relations entre le président de la République et le Premier ministre, puis entre le chef de l’État et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko.

L’auteur de la tribune rejette par ailleurs toute comparaison avec la crise politique de 1962 opposant Léopold Sédar Senghor à Mamadou Dia. Il estime que les deux situations sont « très éloignées par le temps » et « n’ont rien de similaire à tout point ». Il rappelle notamment que Mamadou Dia « n’a jamais lorgné le fauteuil du président de la République, L. S. Senghor ».

Pour Aliou Ndao Fall, le rétablissement d’une seconde chambre parlementaire permettrait de renforcer les mécanismes de contrôle et d’équilibre institutionnel. « La présence du Sénat servira à modérer le vote des lois, à éviter les excès d’une assemblée unique et à offrir une représentation diverse des citoyens et des territoires », soutient-il.

À l’appui de son argumentaire, il cite le Doyen Delpérée : « C’est la complexité d’une société politique qui veut qu’un État recoure à des institutions elles-mêmes complexes et, en particulier, à une seconde Chambre ». Il estime que la situation actuelle du Sénégal justifie précisément cette réflexion sur la complexité et l’équilibre des institutions.

Au-delà du Sénat, Aliou Ndao Fall plaide également pour le rétablissement du Conseil économique et social. Il rappelle qu’après la suppression du Sénat en 2012, le régime de l’époque avait mis en place le Haut Conseil des collectivités territoriales (HCCT), qui n’était toutefois pas une chambre parlementaire, mais une institution consultative.

Selon lui, le Sénégal s’est depuis privé de ces espaces de représentation. Il estime que les territoires, les collectivités locales et les différentes catégories socioprofessionnelles ne disposent plus d’une représentation suffisante dans le dispositif institutionnel.

« Si on peut considérer que les citoyens et citoyennes sont représentés au parlement du Sénégal, il faut alors reconnaître que les territoires, les collectivités locales et les couches sociaux professionnelles sont absentes pour ne pas dire exclues, du jeu démocratique », affirme-t-il.

Dans sa tribune, Aliou Ndao Fall appelle ainsi le président de la République, qu’il présente comme « le gardien de la constitution », à rétablir le Sénat et le Conseil économique et social. Il estime que cette réforme permettrait de renforcer la représentation des territoires, des collectivités et des catégories socioprofessionnelles et de contribuer à un meilleur équilibre institutionnel.

L’objectif, selon lui, est également de préserver l’équilibre entre les trois pouvoirs définis par Montesquieu : « l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire ». Pour l’ambassadeur, le retour du Sénat constituerait donc une réponse institutionnelle aux tensions actuelles et un moyen de renforcer les mécanismes de représentation et d’équilibre au sein de la République.

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