Restructuration de la dette : Marie Rose Faye dément Abdourahmane Diouf et hausse le ton
La controverse autour de la dette publique sénégalaise et de son éventuelle restructuration prend une nouvelle tournure. À l’occasion du point de presse organisé ce jeudi 3 septembre par Pastef-Les Patriotes sur la situation économique et financière du pays, Marie Rose Faye est montée au créneau pour contester les récentes déclarations de l’ancien ministre Abdourahmane Diouf.
Ce dernier avait soutenu qu’Ousmane Sonko aurait donné son accord à une restructuration de la dette sénégalaise. Une affirmation qui a relancé les interrogations sur les échanges qui auraient eu lieu entre les autorités sénégalaises et leurs partenaires financiers avant l’annonce du nouvel accord technique avec le Fonds monétaire international (FMI).
Marie Rose Faye a catégoriquement rejeté cette version des faits. Pour la responsable de Pastef, présenter les discussions sous l’angle d’une restructuration de la dette est une lecture erronée de la situation. « Ce qu’il a dit tend à faire croire qu’il s’agit d’une restructuration. J’ai vraiment honte », a-t-elle lancé, reprochant à l’ancien ministre d’avoir tenu des propos qu’elle juge particulièrement graves. Elle estime qu’une personnalité ayant exercé de hautes responsabilités publiques doit faire preuve de davantage de rigueur dans ses déclarations.
Surtout, Marie Rose Faye affirme que la restructuration de la dette n’a jamais fait l’objet d’une discussion au sein du gouvernement. « À aucun moment on n’a parlé de restructuration en Conseil des ministres », a-t-elle martelé. Cette mise au point vise notamment à remettre en cause l’idée selon laquelle une décision politique aurait été prise au sommet de l’État avant les négociations avec le FMI. Pour elle, les propos attribuant à Ousmane Sonko un accord préalable sur une restructuration ne correspondent pas aux discussions qui auraient effectivement eu lieu au sein du gouvernement.
Au-delà de cette question précise, la responsable de Pastef s’est inquiétée de ce qu’elle considère comme une multiplication de déclarations inexactes dans le débat public. Marie Rose Faye a appelé les personnalités politiques à davantage de responsabilité dans leur communication. « Une personnalité publique ne doit pas adopter certains comportements. J’ai vraiment honte. Voir autant de mensonges, cela fait peur », a-t-elle déclaré.
Pour elle, le débat politique ne devrait pas détourner l’attention des préoccupations économiques et sociales auxquelles sont confrontées les populations. Elle estime que les responsables publics doivent avant tout se concentrer sur les réponses à apporter aux difficultés quotidiennes des Sénégalais.
Dans le prolongement de son intervention, Marie Rose Faye a également porté un regard critique sur le fonctionnement de l’actuelle équipe gouvernementale. Elle a dénoncé l’attitude de certains membres du gouvernement, qu’elle accuse de ne pas consacrer suffisamment leur énergie aux priorités nationales.
« Nous avons des autorités qui sont là, des ministres qui ne travaillent pas, qui insultent et font tout autre chose que de s’occuper des priorités, à savoir sortir la population de ses difficultés », a-t-elle déclaré. Une sortie particulièrement sévère qui intervient dans un contexte marqué par de fortes tensions autour de la gestion des finances publiques, du niveau d’endettement du Sénégal et des discussions engagées avec les partenaires financiers internationaux.
Alors que les modalités du nouvel accord avec le FMI continuent de susciter des réactions, la question de savoir s’il s’agit ou non d’une véritable restructuration de la dette reste au centre de la bataille politique. Les déclarations contradictoires des différents acteurs devraient ainsi continuer d’alimenter le débat dans les prochains jours.