ONU : Le processus de désignation du prochain SG entre dans une phase décisive avec le « vote de paille »
Les Nations Unies (ONU) franchiront une étape déterminante dans le processus de désignation de leur prochain Secrétaire général (SG) à partir du 30 juillet, avec le lancement du premier « vote de paille » (straw poll), un scrutin officieux organisé au sein du Conseil de sécurité.
Peu connu du grand public, ce mécanisme constitue pourtant l’un des moments les plus importants de la diplomatie onusienne. Organisé à huis clos par les 15 membres du Conseil de sécurité, il permet d’évaluer discrètement le niveau de soutien dont bénéficie chaque candidat avant le vote officiel.
Contrairement à un scrutin classique, les ambassadeurs ne se prononcent pas par un simple « oui » ou « non ». Pour chaque candidature, ils doivent choisir entre trois options : « Encourager », pour exprimer leur soutien ; « Décourager », pour signifier leur opposition ; ou « Sans opinion », lorsqu’ils préfèrent rester neutres.
Les résultats de ces consultations ne sont pas officiellement publiés. Ils sont communiqués de manière confidentielle aux pays d’origine des candidats, même si leur contenu finit souvent par être divulgué dans la presse. Un nombre élevé de votes « Décourager » est généralement interprété comme un signal invitant un candidat à se retirer afin d’éviter un échec lors du vote formel.
Au fil des différents tours, le processus devient encore plus stratégique avec l’introduction d’un système de bulletins de couleur. Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Russie et la Chine) utilisent des bulletins différents de ceux des dix membres non permanents. Ce dispositif permet de détecter si une opposition provient d’un membre disposant du droit de veto, sans toutefois révéler son identité.
Pour un candidat, recevoir un vote « Décourager » émanant d’un membre permanent constitue un avertissement majeur, puisqu’il indique qu’un veto serait très probablement opposé lors du scrutin officiel. Dans la pratique, une telle situation met généralement fin à la campagne du candidat concerné.
À l’inverse, lorsqu’un prétendant parvient à franchir cette étape sans opposition des cinq membres permanents et bénéficie d’un large soutien des autres membres du Conseil de sécurité, la voie est ouverte vers le vote officiel. Celui-ci est, dans la plupart des cas, adopté par consensus, les consultations officieuses ayant déjà permis de dégager un candidat faisant l’objet d’un accord diplomatique.