Hausse des prix : Bassirou Dieng dénonce une « manipulation » et défend le gouvernement

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Alors que les préoccupations liées au coût de la vie alimentent le débat public au Sénégal, Bassirou Dieng, membre de Kiiraay, Les Patriotes Républicains, monte au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de « manipulation » autour d’une supposée hausse généralisée des prix. Dans une déclaration, il estime que les difficultés observées sur certains marchés sont davantage liées aux tensions sur l’approvisionnement et à la conjoncture internationale qu’à un manquement des services du ministère de l’Industrie et du Commerce.

« Il peut y arriver que nous ayons sommeil, mais nous ne dormons pas. Les temps sont durs, nous le sentons tous à cause de la conjoncture économique mondiale, aggravée au niveau de notre pays par l’incompétence d’un ancien Premier ministre, Ousmane Sonko himself, qui avait tout bloqué », affirme Bassirou Dieng. Pour lui, les critiques portant sur l’évolution des prix devraient davantage s’intéresser aux causes profondes des difficultés économiques qu’à leurs conséquences.

« Si des influenceurs ou des personnes connues de la toile devaient pointer du doigt, c’est bien la cause principale qu’ils devaient mettre sur la table et non l’effet. Parce que c’est la cause qui est le déclencheur de toute cette situation que nous vivons actuellement », soutient-il.

Le responsable de Kiiraay estime ainsi que les initiatives dénonçant la cherté de la vie gagneraient en pertinence si elles étaient accompagnées d’une analyse des facteurs qui expliquent les tensions sur certains marchés. « Nous aurions, en effet, applaudi et vu une objectivité dans votre initiative si et seulement si vous aviez décrypté les causes et non les effets », poursuit-il.

S’agissant des produits de grande consommation, Bassirou Dieng assure que la situation est loin de correspondre à une hausse généralisée des prix. « Tous les produits sous administration, notamment le riz, le pain, la farine, l’huile, le sucre, le ciment, etc., sont tout à fait stables et les prix ont connu une tendance même baissière, cela en grande partie grâce au travail des services du ministère de l’Industrie et du Commerce », déclare-t-il.

Il évoque également le cas des produits horticoles, dont les prix peuvent connaître des variations saisonnières. « L’inflation saisonnière en hivernage pour les produits horticoles est tout à fait normale, car l’offre s’amenuise », explique le responsable politique.

La situation du marché de la viande constitue, selon lui, un cas particulier. « La viande connaît un déficit structurel de l’offre nationale, ce qui maintient le Sénégal dépendant des arrivages de bétail malien et nigérien », affirme-t-il. Bassirou Dieng met notamment en avant les conséquences de la situation sécuritaire dans ces deux pays sur les flux de bétail à destination du Sénégal.

« Malheureusement, il y a une perturbation des importations de bétail sur pied du fait de l’insécurité et des attaques visant les convois dans le sillage de la crise sécuritaire au Mali et au Niger, ainsi que les difficultés de circulation des camions à la frontière, qui réduisent les flux de bovins et d’ovins vers les foirails sénégalais », poursuit-il.

À ces difficultés d’approvisionnement s’ajouterait une forte demande liée à la succession de plusieurs événements religieux et périodes de consommation importante. « Par ailleurs, une succession rapprochée de grands événements de forte consommation, notamment la Tabaski, le Grand Magal de Touba et le Gamou, a créé des pics de demande que l’offre disponible ne parvient pas toujours à absorber sans tension sur les prix », souligne-t-il.

Pour Bassirou Dieng, il convient donc de ne pas imputer systématiquement ces tensions aux services de l’État. « En somme, il ne s’agit pas d’un manquement des services du ministère de l’Industrie et du Commerce, mais d’un dysfonctionnement du marché d’approvisionnement. Il y a juste un effet amplificateur du fait de l’utilisation politique de la situation », estime-t-il.

Le responsable de Kiiraay met par ailleurs en garde contre les mesures de fixation administrative des prix qui ne seraient pas accompagnées d’une amélioration de l’offre. « Toute mesure de fixation de prix prise sans une stabilisation de l’offre entraînera des situations de rupture et de marché noir », prévient-il.

Bassirou Dieng annonce également une éventuelle concertation au sein du ministère. « Une concertation sera, selon nos sources du ministère du Commerce et de l’Industrie, engagée à l’interne pour proposer un plan de riposte plus approprié », indique-t-il.

Sur le plan économique, il voit par ailleurs dans le retour du Fonds monétaire international un facteur susceptible d’améliorer progressivement la situation. « Le retour du FMI va, à coup sûr, permettre aux ménages de souffler, mais aussi à notre tissu économique de sortir du quatrième sous-sol et de connaître un bond en avant », affirme-t-il.

Bassirou Dieng appelle à soutenir l’action du président de la République. « Le président de la République est en train d’assurer. Soutenons-le ! », lance-t-il, dans une sortie qui vise clairement à répondre aux critiques sur le coût de la vie et à défendre l’action du gouvernement face aux inquiétudes exprimées dans l’opinion.

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