DPG : Le Premier ministre alerte sur l’état critique des finances publiques

Le nouveau PM
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Lors de sa Déclaration de politique générale (DPG) devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo a dressé un constat particulièrement préoccupant de la situation des finances publiques sénégalaises. Pour lui, « un gouvernement qui demande à être jugé sur ses résultats, doit d’abord dire d’où il part ».

Revenant sur les audits engagés en 2024 par la Cour des comptes, le chef du gouvernement a évoqué l’existence de « chiffres qui étaient cachés ». Il a ainsi appelé les Sénégalais à « se dire la vérité sur les comptes », estimant que cette transparence est nécessaire pour éviter une « fuite en avant sans issue ».

Ahmadou Al Aminou Lo a ensuite mis en avant le niveau d’endettement du pays. Selon les chiffres avancés lors de son intervention, la dette du secteur public représente désormais « 132 % du PIB », pour un endettement global évalué à « 23 500 milliards » de francs CFA.

Le Premier ministre a également fait le lien entre cette situation financière et les performances de l’économie nationale. Il a notamment cité une croissance hors hydrocarbures de « 2,2 % en 2025 », alors que le taux de natalité atteint « 3 % ». Une situation qui, selon lui, se traduit par une dégradation des conditions économiques. « Nous nous sommes appauvris en 2025 et nous allons encore nous appauvrir en 2026 », a-t-il déclaré.

Sur les marchés extérieurs, le chef du gouvernement a également évoqué la forte dépréciation des titres sénégalais. « Si c’était 100, ça se vend aujourd’hui à 50 », a-t-il indiqué, illustrant ainsi les difficultés auxquelles le Sénégal est confronté pour accéder aux financements.

Ahmadou Al Aminou Lo a par ailleurs alerté sur le coût d’un éventuel nouvel endettement à court terme. « Aujourd’hui, si on repartait pour nous endetter sur 2 ans, le marché secondaire nous coûte 60 % de taux d’intérêt », a-t-il révélé.

Face à cette situation, le Premier ministre estime que le Sénégal se trouve désormais à un tournant critique. Reprenant une expression évoquée au cours des débats, il a déclaré : « Monsieur le président de l’Assemblée nationale, vous parliez du 4e sous-sol, on est au 5e sous-sol. 5e sous-sol, c’est ça l’ajustement. On est en ajustement structurel ».

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