FMI : Ahmadou Al Aminou Lô assure que les intérêts du Sénégal ont été « sauvegardés »
Au Sénégal, les autorités ont conclu, le 1er septembre 2026, un accord de principe avec le Fonds monétaire international (FMI) portant sur un prêt de 2,2 milliards de dollars, soit environ 1 245 milliards de FCFA, sur une période de trois ans. Présenté comme une réponse à la situation difficile des finances publiques, marquée notamment par la révélation d’une importante « dette cachée », cet accord suscite toutefois des interrogations et des critiques au sein de la classe politique.
Des responsables de Pastef, qui dispose de la majorité parlementaire, ont notamment accusé le gouvernement du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô d’avoir sacrifié les intérêts du pays dans le cadre des discussions avec le FMI.
Face à ces accusations, le chef du gouvernement a voulu se montrer catégorique ce mardi 8 septembre. Ahmadou Al Aminou Lô assure que les négociateurs sénégalais ont veillé à préserver les intérêts du pays. « Je vous jure qu’on n’a rien concédé sur les intérêts du Sénégal (…) Nous ne sacrifierons pas les intérêts du Sénégal. Il n’y aura pas d’ajustement sauvage des années 90. Ce serait indigne de le faire. Et nous ne le ferons jamais », a-t-il déclaré.
Pour le Premier ministre, la conclusion de cet accord, présenté comme un « Plan de traitement de la dette », était devenue nécessaire au regard de l’état des finances publiques. Il a ainsi rappelé la gravité de la situation en reprenant l’expression utilisée par le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, qui évoquait un pays situé au « quatrième sous-sol ».
Ahmadou Al Aminou Lô estime pour sa part que la situation est encore plus difficile. « Moi, je dis même que nous sommes au cinquième sous-sol », a-t-il affirmé, avant de défendre la nécessité de restaurer la viabilité de la dette. « Mais mieux vaut tard que de cogner le mur, il faut restaurer la viabilité de la dette, le traitement de la dette », a-t-il soutenu.
Le Premier ministre a également expliqué que, compte tenu de la situation actuelle des finances publiques, le Sénégal ne dispose pas, selon lui, des moyens nécessaires pour se passer du soutien du FMI.
« Si tu n’as pas de quoi te passer du FMI, tu dois obligatoirement trouver un programme avec le FMI parce que c’est la seule institution habilitée à délivrer un avis sur la trajectoire macroéconomique d’un pays et la soutenabilité de sa dette », a-t-il conclu.