Dialogue politique : Déthié Faye dénonce une « logique d’exclusion » et appelle au retour du consensus

coalition Nekkal Aska Wi
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Le président de la CDR Fott Sa Kaddu, Déthié Faye, s’inquiète de la dégradation du climat politique au Sénégal. Dans une déclaration rendue publique, il estime que « la culture du dialogue, longtemps l’une des grandes forces de notre démocratie, est aujourd’hui gravement mise à l’épreuve ».

Revenant sur les dialogues nationaux consacrés à la justice et au système politique, Déthié Faye rappelle qu’ils avaient fait naître « un espoir : celui de réformes construites dans l’inclusion et le consensus ». Il regrette cependant que « la demande unanime des participants de mettre en place un comité de suivi inclusif a été ignorée ».

Selon lui, la mise en place d’un comité de rédaction composé d’experts, suivie d’un comité de lecture auquel « seul le Pastef a été associé », a rompu avec l’esprit du dialogue. « Ce choix a rompu avec l’esprit du dialogue et a conduit ce parti à s’attribuer la paternité des avant-projets de réforme portant sur la Constitution, le Code électoral, les partis politiques et la création d’une Cour constitutionnelle », déplore-t-il.

Le président de la CDR Fott Sa Kaddu estime également que l’Assemblée nationale s’est inscrite dans cette même dynamique. « Les réformes les plus importantes de notre République ne peuvent être conduites dans un climat de confrontation, ni être réduites à de simples rapports de force parlementaires. Des lois de circonstance ne sauraient tenir lieu de consensus national », soutient-il.

Évoquant les incidents survenus à l’Assemblée nationale le 29 juin 2026, Déthié Faye parle d’« un signal d’alarme ». À ses yeux, « les scènes auxquelles les Sénégalaises et les Sénégalais ont assisté ne sont pas dignes de la qualité de notre démocratie » et illustrent « les dangers de l’exclusion, de la polarisation et de la logique du passage en force ».

Il met également en garde contre une montée des tensions. « Notre pays ne peut se permettre une escalade des tensions. Les violences politiques ne profitent à personne et fragilisent durablement la stabilité nationale », avertit-il.

S’adressant au chef de l’État, Déthié Faye estime qu’« il appartient désormais au Président de la République de reprendre l’initiative ». Il ajoute que « sa décision d’organiser un référendum pour la révision de la Constitution suite au forcing de Pastef rencontre l’assentiment des défenseurs de la République ».

Il appelle les autorités à recentrer leurs priorités sur les préoccupations des citoyens. « L’urgence n’est pas dans les batailles de positionnement. L’urgence est de répondre aux préoccupations quotidiennes des citoyens : la sécurité, l’emploi des jeunes, le soutien au secteur privé, l’accompagnement du monde rural, le coût de la vie et la préservation de la cohésion nationale », affirme-t-il.

Déthié Faye rappelle que « le Sénégal s’est toujours distingué par sa capacité à privilégier le dialogue sur l’affrontement », estimant que cette tradition constitue « une exigence démocratique » et « une condition essentielle de la stabilité de notre République ».

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