Thierno Alassane Sall dénonce une dérive autoritaire au sein de l’Assemblée nationale
Le coordonnateur des députés non-inscrits, Thierno Alassane Sall, a fustigé la gestion des travaux parlementaires par le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Lors d’une conférence de presse organisée par l’opposition après les incidents survenus pendant l’examen du projet de révision constitutionnelle, il a dressé un constat qu’il juge préoccupant sur l’état de la démocratie au Sénégal.
Selon lui, les signes de cette dérive sont apparus dès l’arrivée de Sonko au perchoir. Il affirme avoir été privé de la parole malgré un rappel au règlement, dénonçant une attitude qu’il assimile à une « dictature » instaurée dès son installation.
Revenant sur la séance consacrée à la révision de la Constitution, Sall estime que le texte affichait l’ambition de renforcer les pouvoirs du Parlement, mais que les faits ont montré une concentration du pouvoir entre les mains d’un seul homme. « L’hémicycle se résume à une personne. La démocratie est en chute libre avec Pastef », a-t-il déclaré.
Le député a également rapporté que certains membres de la majorité avaient reconnu une erreur de procédure, citant notamment Guy Marius Sagna qui aurait rappelé au président de l’Assemblée le droit d’Abdou Mbow à reprendre la parole. D’autres élus auraient envisagé une suspension de séance pour rectifier cette irrégularité, sans succès.
Pour Thierno Alassane Sall, ce refus de respecter les règles parlementaires constitue une atteinte grave aux institutions. Il accuse Ousmane Sonko de chercher à concentrer davantage de pouvoirs, rappelant qu’il avait déjà tenté, selon lui, d’obtenir des règles « sur mesure » lorsqu’il était Premier ministre.
Il critique également le recours à la procédure d’urgence pour faire adopter la révision constitutionnelle avant le 30 juin, dénonçant un « forcing » qui fragilise les institutions. Il reproche à la majorité de ne pas avoir pris en compte l’avis du président de la République, même en commission.
Enfin, Sall met en cause l’attitude du chef de l’État, qu’il accuse de cautionner cette situation : « Le président de la République laisse faire. Il partage le pouvoir avec Ousmane Sonko et ils dirigent ensemble le pays », a-t-il lancé.
Estimant que les recours institutionnels n’ont pas abouti, il appelle la société civile, les magistrats, les intellectuels et l’ensemble des forces vives à se mobiliser pour défendre la démocratie sénégalaise.