Afrique du Sud : HSF dénonce une « chasse aux sans-papiers »
Le 30 juin 2026 restera une date marquée par la controverse en Afrique du Sud. Présentée comme une vaste opération contre les étrangers en situation irrégulière, cette initiative a suscité l’indignation d’Horizon Sans Frontières (HSF), organisation internationale de défense des migrants. Son président, Boubacar Sèye, alerte sur les risques de stigmatisation et de xénophobie que pourrait engendrer une telle démarche.
« Aucun État ne peut être contesté dans son droit souverain de contrôler ses frontières », reconnaît HSF. Mais l’organisation souligne que ce droit « ne saurait, en aucune circonstance, autoriser une chasse aux êtres humains, ni légitimer des humiliations, des violences ou des traitements dégradants ».
HSF rappelle que les migrants ne sont pas responsables des difficultés économiques ou de l’insécurité. « Ils sont avant tout des êtres humains, porteurs d’une histoire, d’une famille, d’un espoir », insiste le communiqué. Beaucoup ont fui la guerre, la misère ou les effets du changement climatique. Les criminaliser pour leur statut administratif constitue, selon l’organisation, « un grave recul des droits humains ».
L’appel lancé par HSF vise non seulement les autorités sud-africaines, mais aussi les gouvernements africains, les organisations de défense des droits humains et la société civile. Tous sont invités à condamner « sans ambiguïté » la xénophobie et les violences contre les migrants.
L’organisation rappelle que l’histoire du continent est marquée par les luttes contre l’apartheid, le colonialisme et le racisme. « Le silence face à la xénophobie est une forme de renoncement. Le silence face à l’injustice est une complicité », avertit Boubacar Sèye.
Pour HSF, l’Afrique ne pourra bâtir son unité politique et économique si elle tolère que des hommes et des femmes soient transformés en cibles à cause de leur origine. « Un migrant sans papiers ne perd pas son humanité. Le traquer comme une proie, c’est blesser l’âme de notre continent », conclut l’organisation.