Ansoumana Dione : « La transhumance politique est une autre forme de folie »
Le président de l’Association sénégalaise pour le Suivi et l’Assistance aux Malades mentaux (ASSAMM), Ansoumana Dione, s’est vivement élevé contre le phénomène de la transhumance politique au Sénégal. Dans une déclaration rendue publique le 19 juillet 2026, il qualifie cette pratique d’« autre forme de folie » et estime qu’elle traduit une perte des valeurs éthiques en politique.
Selon lui, la transhumance est motivée par « un désir effréné d’amasser le maximum de moyens financiers et matériels », conduisant certains responsables à « trahir ou renoncer à leurs convictions » pour des intérêts personnels. Il considère qu’une personne « normale au plan mental et psychologique » devrait plutôt préserver son image, sa dignité et rester fidèle à ses engagements.
Ansoumana Dione regrette que des acteurs politiques quittent des formations qui, selon lui, leur ont permis d’émerger, que ce soit dans la majorité ou dans l’opposition. Il insiste sur le fait que « la fidélité et la constance sont des valeurs qui font la grandeur d’une personne », estimant que « l’homme n’a pas de prix ».
Dans sa déclaration, le président de l’ASSAMM critique également le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, qu’il accuse d’encourager la transhumance politique. À ses yeux, « l’éthique, la déontologie, l’estime de soi et la tolérance » devraient constituer les fondements de l’action politique, tandis que « la trahison et le mensonge » doivent être combattus.
Évoquant la création annoncée d’un nouveau parti politique autour du président de la République, Ansoumana Dione s’interroge sur le ralliement d’anciens responsables ayant accompagné l’ex-président Macky Sall. Il juge ces changements de camp incompatibles avec les principes de loyauté et cite, à titre d’exemple, des personnalités du Parti démocratique sénégalais (PDS), dont Awa Guèye Kébé, qui, selon lui, ont accepté la perte du pouvoir « avec beaucoup de dignité ».
Ansoumana Dione estime que la transhumance politique constitue « un facteur de sous-développement » et appelle à un retour à des pratiques politiques fondées sur les convictions, l’intégrité et le respect des valeurs républicaines.