Assemblée nationale : Birame Waltako Ndiaye dénonce une conception « biaisée » du pouvoir législatif
L’analyste Birame Waltako Ndiaye livre une lecture critique du fonctionnement de l’Assemblée nationale et de la conception du pouvoir défendue, selon lui, par les partisans du Premier ministre Ousmane Sonko. Dans une tribune intitulée « Parodie d’une Assemblée en pouvoir », il remet en cause l’idée selon laquelle une majorité parlementaire acquise à l’exécutif garantirait, à elle seule, l’effectivité du pouvoir législatif.
Pour l’auteur, l’argument avancé par les soutiens de Ousmane Sonko, selon lequel une majorité doit nécessairement accompagner le président de la République dans un régime présidentiel, relève d’une contradiction. Il estime que cette vision réduit le rôle du Parlement à celui d’une simple chambre d’enregistrement des décisions de l’exécutif, au détriment de sa mission de contrôle.
Selon Birame Waltako Ndiaye, la séparation des pouvoirs et la défense de l’intérêt général ne sauraient reposer uniquement sur des principes théoriques. Une véritable Assemblée de rupture devrait, selon lui, s’appuyer sur des députés compétents, capables de faire preuve d’initiative et de dévouement. Il considère que le rôle de contre-pouvoir ne se mesure pas à des démonstrations spectaculaires, mais à la capacité des élus d’anticiper les dérives et d’exercer un contrôle aussi bien sur leurs adversaires que sur leurs propres alliés.
L’auteur rappelle également que, dans toute démocratie, les rapports entre majorité et opposition restent marqués par des logiques politiques. Les missions de représentation, de contrôle et d’information du Parlement s’exercent, selon lui, au gré des convergences et des oppositions autour des projets de loi, une réalité qu’il juge inhérente au fonctionnement des institutions démocratiques.
Poursuivant son analyse, Birame Waltako Ndiaye estime que la majorité parlementaire actuelle est enfermée dans ce qu’il qualifie d’« illusion de rupture », en faisant croire que la séparation des pouvoirs pourrait s’affranchir des rapports de force politiques. À ses yeux, cette posture occulte la nature profondément politique des institutions.
L’auteur soutient que la véritable rupture ne peut provenir que d’une culture organisationnelle fondée sur la liberté individuelle des députés et leur capacité à agir de manière autonome, au-delà des logiques partisanes.