CORED : Mamadou Thior dresse le bilan de sept années à la tête de l’organe d’autorégulation
Le président sortant du Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (CORED), Mamadou Thior, a présenté son rapport moral ce samedi 4 juillet, marquant la fin de sept années de mandat à la tête de l’organe d’autorégulation de la presse sénégalaise.
Cette assemblée générale ouvre la voie à l’élection d’un nouveau directoire et d’un bureau, avant le renouvellement du Tribunal des pairs. Dans son rapport, Mamadou Thior est revenu sur un mandat entamé en 2019, rapidement perturbé par la pandémie de Covid-19. Le CORED a dû composer avec l’absence de siège, des ressources limitées et des réunions délocalisées, avant de retrouver une stabilité à partir de 2021.
L’alternance de 2024 et l’audit du Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP) ont ensuite entraîné une suspension des financements, provoquant la fermeture des bureaux entre juin et novembre 2025. Ce n’est qu’à la fin de 2025 et au début de 2026 que la situation a été régularisée grâce à deux décaissements.
Malgré ces obstacles, l’institution a renforcé son rôle : dotée de personnel permanent, elle a rendu obligatoire son quitus pour l’obtention de la carte nationale de presse, multiplié les formations et publié une vingtaine de communiqués dénonçant les dérives médiatiques. Sur le terrain de la régulation, le CORED a intensifié son action contre les appels à la violence, les discours de haine et les manipulations médiatiques.
Le Tribunal des pairs a, de son côté, examiné 13 plaintes et s’est autosaisi à 27 reprises. Ses décisions ont concerné 50 médias, avec 42 avertissements, 15 blâmes, cinq appels à la vigilance et deux demandes de droit de réponse.
La nouvelle équipe hérite toutefois de défis majeurs : un monitoring encore embryonnaire, une faible diffusion des décisions et une dépendance persistante aux subventions.
En transmettant le témoin, Mamadou Thior estime que le principal acquis de ses deux mandats est l’installation progressive d’une culture de l’autorégulation dans les rédactions, un chantier que ses successeurs devront consolider face aux défis du numérique, de la désinformation et de l’évolution des pratiques journalistiques.