Diomaye face aux problèmes…le silence de son entourage laisse le terrain à PASTEF

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Depuis l’installation des nouvelles équipes dirigeantes, la communication du pouvoir donne le sentiment d’une retenue qui contraste fortement avec l’offensive permanente des relais politiques et militants de PASTEF (Les Patriotes Africains du Sénégal pour le Travail, l’Éthique et la Fraternité). Alors que les débats sur les réformes, le coût de la vie, les finances publiques et les choix gouvernementaux occupent l’espace public, le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye apparaît souvent en première ligne pour défendre les orientations de son régime. Une situation qui pose la question de l’efficacité de son entourage à porter collectivement le discours du pouvoir.

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Au Sénégal, gouverner ne consiste plus seulement à prendre des décisions, gérer les finances publiques ou conduire des réformes administratives. Dans un paysage politique marqué par une forte tradition de débat et de confrontation, gouverner signifie également expliquer, convaincre et répondre. La bataille politique se joue désormais autant dans les institutions que sur les plateaux de télévision, les radios, les réseaux sociaux et les plateformes numériques. Or, depuis l’installation des nouvelles équipes dirigeantes, une certaine discrétion du premier cercle du pouvoir semble laisser un espace considérable aux discours concurrents.

Cette retenue contraste avec l’activisme des réseaux proches de PASTEF. Héritiers d’une longue culture militante et particulièrement à l’aise avec les nouveaux outils de communication, ses responsables et sympathisants occupent quotidiennement l’espace numérique. Vidéos courtes, publications sur les réseaux sociaux, interventions médiatiques et argumentaires militants leur permettent de répondre rapidement aux critiques et de défendre les orientations du pouvoir. Cette présence contribue à installer leurs propres thèmes dans le débat public.

Le contraste est d’autant plus visible que les responsables de l’État disposent pourtant d’une légitimité institutionnelle et d’une expertise qui pourraient leur permettre d’occuper davantage le terrain médiatique. Ministres, directeurs généraux, hauts responsables et conseillers disposent de données, de résultats et d’éléments techniques susceptibles d’éclairer l’opinion. Mais lorsque ces informations restent confinées dans les rapports administratifs et les communiqués officiels, elles peinent à atteindre le grand public.

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Cette situation fait peser une responsabilité disproportionnée sur le président Bassirou Diomaye Faye. À mesure que les critiques se multiplient, le chef de l’État se retrouve régulièrement en première ligne pour expliquer les choix de son gouvernement, répondre aux interrogations et défendre les grandes orientations du régime. Or, aucune présidence ne peut durablement reposer sur la seule parole du chef de l’État. Une stratégie de communication efficace suppose une équipe capable de relayer, expliquer et défendre collectivement l’action publique.

La loyauté envers le pouvoir ne devrait donc pas se limiter à l’exécution des décisions prises au sommet de l’État. Les responsables nommés à des fonctions stratégiques ont également une responsabilité dans la défense et la pédagogie de l’action publique. Prendre la parole ne signifie pas nécessairement entrer dans la polémique ou répondre à toutes les attaques. Il s’agit surtout de rendre compréhensibles les décisions, d’assumer les choix effectués et de donner à l’opinion les éléments nécessaires pour se forger une appréciation éclairée.

Cette nécessité est particulièrement forte lorsqu’il s’agit de dossiers complexes : finances publiques, dette, énergie, réforme de l’administration, justice, souveraineté économique ou politiques sociales. Ces questions nécessitent des explications accessibles. Sans pédagogie, les chiffres et les réformes restent abstraits pour une grande partie de la population, laissant le champ libre aux interprétations, aux raccourcis et parfois à la désinformation.

Le pouvoir gagnerait ainsi à construire une véritable doctrine de communication publique. Celle-ci devrait reposer sur des porte-parole identifiés, des responsables capables de répondre rapidement aux controverses et une meilleure coordination entre la présidence, le gouvernement et les différentes structures de l’État. L’objectif ne serait pas de transformer chaque ministre en polémiste, mais de disposer d’une équipe capable d’occuper le débat lorsque l’intérêt public l’exige.

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La rapidité constitue également un enjeu majeur. Dans l’écosystème numérique actuel, une information controversée peut devenir virale en quelques heures. Une absence de réaction pendant plusieurs jours peut laisser s’installer une interprétation difficile à corriger par la suite. La communication institutionnelle doit donc être pensée avec les codes de l’information en continu : réactivité, précision, transparence et capacité à fournir rapidement des éléments vérifiables.

Mais répondre à la puissance militante de PASTEF ne signifie pas reproduire ses méthodes. Le pouvoir dispose d’un avantage considérable : celui de pouvoir s’appuyer sur l’action concrète de l’État, sur les données publiques et sur les résultats des politiques mises en œuvre. La bataille d’opinion devrait donc privilégier les faits, les chiffres, les résultats et les explications plutôt que l’invective ou la confrontation permanente.

Car en politique, le silence n’est jamais totalement neutre. Lorsqu’un camp renonce à raconter son action, d’autres se chargent de raconter cette action à sa place. L’espace laissé vacant est rapidement occupé par les opposants, les commentateurs, les influenceurs ou les militants. Le risque est alors de voir le pouvoir perdre progressivement la maîtrise du récit autour de son propre bilan.

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Le véritable défi qui se présente aujourd’hui à l’entourage de Bassirou Diomaye Faye est donc moins celui d’une communication plus bruyante que celui d’une communication plus structurée, plus réactive et surtout plus pédagogique. Le pouvoir doit expliquer ce qu’il fait, pourquoi il le fait et quels résultats il entend obtenir. À défaut, le décalage entre l’action gouvernementale et sa perception par l’opinion pourrait progressivement devenir un problème politique.

Le temps du confort administratif semble ainsi révolu. Si la majorité présidentielle veut préserver son capital de confiance et donner au projet porté par le chef de l’État le temps de produire ses effets, ses responsables devront investir davantage le terrain du débat public. Sans tomber dans la polémique permanente, ils devront accepter la confrontation des idées, répondre aux critiques et défendre, arguments à l’appui, les choix opérés.

La rédaction de Xibaaru

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