PS : Les initiateurs du manifeste « Dundal PS » contestent la fermeture de la Maison du Parti
Les initiateurs du manifeste « Dundal PS – Faire revivre le PS » montent au créneau contre la décision de la secrétaire générale du Parti socialiste, Aminata Mbengue Ndiaye, de suspendre jusqu’à nouvel ordre toute activité à la Maison Léopold Sédar Senghor, siège national du parti. Dans une lettre ouverte adressée aux militants, ils dénoncent une mesure qu’ils jugent illégale, politiquement contre-productive et révélatrice d’une gouvernance qu’ils estiment de plus en plus éloignée des principes démocratiques du PS.
La controverse trouve son origine dans une correspondance datée du 29 juin 2026, par laquelle Aminata Mbengue Ndiaye annonçait la suspension de toute réunion et activité au siège du parti, à l’exception de celles qu’elle autoriserait ou convoquerait elle-même. La décision était justifiée par les incidents survenus le 13 juin et par les responsabilités que la secrétaire générale estime tenir des statuts et du règlement intérieur du Parti socialiste.
Les auteurs du manifeste rejettent fermement cette décision, estimant qu’elle ne repose sur « aucun fondement légal ou statutaire ». Selon eux, ni les textes du parti ni la législation en vigueur ne confèrent à la secrétaire générale le pouvoir de fermer le siège national. Ils soutiennent que les questions liées à l’administration et à la sécurité relèvent de responsables désignés par les instances compétentes.
Pour les signataires, la Maison Léopold Sédar Senghor constitue un patrimoine collectif et un symbole de l’histoire du Parti socialiste. Ils considèrent qu’une décision limitant son accès aurait dû être débattue et validée par les organes statutaires dans un esprit de collégialité et de transparence.
Sur le plan politique, les initiateurs de « Dundal PS » estiment que cette fermeture envoie un mauvais signal à un moment où les formations politiques se préparent aux prochaines échéances électorales. Ils considèrent que le siège national est un espace essentiel de concertation, de mobilisation et de débat, dont la mise sous restriction pénalise l’ensemble des militants et affaiblit la dynamique de relance du parti.
Le communiqué dénonce également un fonctionnement interne jugé préoccupant. Les signataires affirment que les réunions statutaires sont progressivement remplacées par des rencontres informelles réunissant des participants choisis de manière subjective, tandis que certains membres du Secrétariat exécutif national et du Bureau politique seraient écartés.
Ils disent par ailleurs faire l’objet d’accusations de fractionnisme et de campagnes de discrédit dans les médias, qu’ils qualifient de procès d’intention destinés à détourner l’attention des propositions contenues dans leur manifeste.
Les auteurs de la lettre contestent aussi la portée d’une récente assemblée générale des secrétaires généraux de coordination. Selon eux, cette rencontre, organisée au domicile de la secrétaire générale, ne constitue pas une instance décisionnelle du Parti socialiste. Ils soulignent qu’elle n’aurait réuni que 15 des 138 secrétaires généraux de coordination, ce qui, à leurs yeux, ne permet pas à ses conclusions d’engager le parti.
Autre point de désaccord : le rapport de la Commission spéciale de relance. Les initiateurs du manifeste affirment n’avoir jamais reçu le document dans son intégralité, contrairement aux déclarations de la direction. Ils soutiennent que seules les conclusions du rapport leur ont été transmises, comme l’attesterait, selon eux, la lettre de transmission datée du 24 février 2026.
Les signataires estiment que cette absence de transparence nourrit les interrogations sur le fonctionnement interne du parti. Ils plaident pour une gouvernance fondée sur la confiance, le respect des textes et l’égalité de traitement entre tous les responsables et militants.
Enfin, ils préviennent que toute tentative visant à empêcher l’accès à la Maison du Parti ou à entraver le fonctionnement normal des organes statutaires sera combattue « par toutes les voies et tous les moyens appropriés ». Ils réaffirment toutefois que l’initiative « Dundal PS » demeure un appel à la renaissance du Parti socialiste, à travers un projet de modernisation, de transparence et de rassemblement, tout en se disant ouverts au dialogue et à la recherche d’un consensus pour surmonter les divergences actuelles.