Rebond politique…l’offensive stratégique de Barthélémy Dias pour Dakar

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Après la perte éprouvante de la mairie de Dakar et la rupture consommée avec ses anciens alliés de Yewwi Askan Wi comme Ousmane Sonko, Barthélémy Dias entend se soustraire au rôle de simple outsider. Pour lui, rebondir ne relève plus de la seule ambition politique : c’est une nécessité de préserver son influence et réaffirmer sa place dans le jeu politique.

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À la tête de sa formation, Sénégal Bi Nu Bokk, l’ancien patron des Jeunesses socialistes sillonne l’intérieur du pays dans le cadre de sa tournée « Dokh Mbokk ». Cette offensive de terrain méthodique est conçue pour renouer le dialogue direct avec les citoyens, élargir son ancrage populaire bien au-delà des bastions traditionnels de la capitale et réorganiser en profondeur ses comités locaux. En multipliant les meetings de proximité, les visites aux chefs religieux et les échanges avec la société civile dans les régions, il prépare activement la prochaine séquence politique en affirmant une stature nationale désormais incontournable.

Dans l’entourage stratégique du leader, on refuse catégoriquement l’idée d’un rejet populaire. Pour ses partisans, le revers subi à Dakar ne relève pas d’un désaveu électoral directement exprimé par les Dakarois, mais d’une profonde injustice dictée par des combinaisons politiciennes et des trahisons. Pour ces alliés, sa légitimité municipale n’a pas été dissoute par les urnes citoyennes, mais affaiblie par des rivalités partisanes. 

Mais ce « coup d’après » serait-il, en filigrane, une revanche à prendre sur un destin politique récemment contrarié, marqué par les déconvenues et les ruptures avec ceux-là mêmes aux côtés desquels il avait combattu pour porter Dakar comme à l’échelle nationale une alternative politique ? Après avoir été l’un des piliers de l’opposition et avoir contribué de manière décisive à l’avènement d’une nouvelle majorité, le constat d’amertume est flagrant. Ses relations avec ses anciens alliés s’étant irrémédiablement détériorées au fil des arbitrages du pouvoir, Barthélémy Dias chercherait désormais à reconquérir le terrain perdu, armé de la conviction que sa loyauté passée a été payée d’ingratitude.

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Sonko et son ancien «ami» Barth

Cette dynamique de reconquête s’inscrit aujourd’hui dans un paysage politique totalement redistribué par la crise spectaculaire du parti au pouvoir. En effet, PASTEF (Parti des Patriotes Africains du Sénégal pour le Travail, l’Ethique et la Fraternité) traverse une zone de turbulences sans précédent, miné par des fractures doctrinales internes et la rupture consommée entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Ce schisme au sommet de la majorité présidentielle s’accompagne d’une vague continue de démissions chez les cadres et les militants de la première heure, désillusionnés par l’exercice du pouvoir, la gestion des affaires publiques et l’abandon perçu des idéaux de départ.

Pour le challenger les dakarois, cet affaiblissement de l’appareil gouvernemental constitue une opportunité stratégique majeure. L’usure précoce du discours de la « rupture » porté par Pastef, couplée au mécontentement face aux difficultés socio-économiques persistantes, crée un sentiment d’orphelinat politique au sein de la population. À Dakar, métropole historiquement rebelle et particulièrement exigeante vis-à-vis des gouvernants, les promesses non tenues et les querelles intestines du pouvoir central entament sérieusement le crédit des représentants de la majorité républicaine.

Face à un pouvoir perçu comme englué dans ses propres contradictions, Barthélémy Dias retravaille méthodiquement son positionnement public. Il joue à la fois sur la fibre nostalgique d’une gestion municipale dynamique et sur la posture du leader d’expérience, courageux et prêt à assumer les clés de la ville. En multipliant les prises de parole offensives sur la cherté de la vie, la propreté urbaine et l’emploi des jeunes, il entend fédérer un électorat déçu par la nouvelle vague politique, tout en rassemblant les déçus du pastefisme et les détracteurs traditionnels du régime.

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L’objectif final de cette vaste réorganisation est d’imposer un nouveau rapport de force, tant au niveau des instances de la ville qu’à l’échelle de l’échiquier national. En combinant la proximité retrouvée lors de sa tournée « Dokh Mbokk » et l’occupation permanente du terrain médiatique à Dakar, le patron de Sénégal Bi Nu Bokk pourrait démontrer qu’aucune gouvernance locale durable ne peut se faire sans son assentiment. Sa stratégie vise à transformer le mécontentement social ambiant en un vote de sanction massif contre Pastef lors des prochaines joutes municipales.

Le retour en force de Barthélémy Dias n’a donc plus rien d’une simple projection intellectuelle : il s’impose comme une réalité tactique que ses adversaires ne peuvent plus ignorer. Profitant des failles d’un pouvoir affaibli et s’appuyant sur un réseau de fidèles rémobilisés, l’ancien maire de Dakar prépare pas à pas son grand retour. Dans cette bataille d’usure, sa capacité à incarner la seule alternative crédible et structurée face à un Pastef morcelé pourrait bien lui rouvrir, à terme, les portes de l’Hôtel de Ville et le réinstaller durablement dans son fauteuil de « boss » de la capitale.

La rédaction de Xibaaru

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